La Compagnie des Spectres
de et avec Zabou Breitman
d'après le roman de Lydie Salvayre
du 28 septembre au 31 octobre
Rosa la Rouge
Claire Diterzi
Marcial Di Fonzo Bo
du 02 au 06 novembre
En Somme !
Marion Lévy
Fabrice Melquiot
du 12 au 20 novembre
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concerts | Mali, complète mandingue
En partenariat avec le Monfort et la Ville de Nanterre.
Dans un pays de tradition orale, les griots sont des livres d’histoire, et au Mali, Bako Dagnon est une encyclopédie. Descendante de l’une des plus grandes familles du griotisme mandingue, elle assure avec panache la charge héréditaire. Sa connaissance experte des chansons ancestrales a fait d’elle l’éminence grise des plus grands artistes du pays, comme Ali Farka Touré ou Toumani Diabaté. Mais c’est d’abord sa voix, sa douceur et sa puissance qui ont fait d’elle une modeste diva nationale, et lui ont valu d’être surnommée “l’Aretha Franklin de Bamako”. Après quarante ans de carrière, elle prend son envol sur la scène internationale.
“On naît griot, on ne le devient pas, alors que tout le monde peut devenir artiste. C’est pourquoi je demande aux jeunes griots et griottes de faire très attention et d’apprendre aux côtés des vieilles qui vivent encore.” Héritière d’une prestigieuse lignée de griots (ou djelis) et conseillère éclairée des plus grands musiciens de son pays, Bako Dagnon sait de quoi elle parle. Conformément à la tradition, c’est sa mère qui lui a transmis son bagage de griotte. Un apprentissage méticuleux de l’arbre généalogique des vingt-sept ethnies du pays, de leurs origines, de leurs histoires, de leurs langues et de leurs traditions, et de chansons qui remontent à l’Empire du Mali du XIIIe siècle.
Quelles que soient les études, qu’il s’agisse de perpétuer une tradition séculaire ou de tout autre chose, certains sont doués, d’autres moins. D’autres encore s’élèvent plus haut, plus loin, hors concours. Sans conteste, Bako Dagnon fait partie de cette dernière catégorie. Elle a tout : sens de l’histoire, sûreté de goût, musicalité, voix ample, chaude, agile… Mais de ses prestations si admirées, presque aucune trace sur disque, à peine cinq cassettes vite devenues introuvables. Il faudra attendre 2007, pour que Bako Dagnon enregistre un premier album pour de vrai, qui s’ouvre au rythme de la salsa, à des arrangements raffinés. La modernité, soit… Mais pas n’importe laquelle. “Je
ne veux pas le mélange qui ne colle pas à notre tradition et qui en dénature le sens, le contenu et même les messages”, insiste-t-elle, fustigeant les clips “réalisés sur les Champs-Elysées ou à la tour Eiffel, ou dans des limousines aux États-Unis”. Poursuivant sa fonction d’éducatrice, elle rappelle aussi que “des danseuses avec des pantalons jeans et autres ne sont pas des exemples à suivre. Je
demande aux jeunes artistes et griots de revenir à la tradition, ça se vend plus et c’est rentable pour vous et pour le pays”, conclue-t-elle, dans un mélange d’intégrité et de pragmatisme. Sorti en 2009, le deuxième album de la grande dame s’intitule Sidiba – une onomatopée qui signifie “grand bruit”. Et, dans le monde entier, c’est bien ce qu’il fait.
chant Bako Dagnon | guitare Diabaté Lassana Aliou, Sissoko Mama | guitare basse Bouima Farid | djembé et percussions Dembele Drissa | www.myspace.com/bakodagnon
Réservation
à partir du lundi 15 juin, sur le site www.quartierdete.com
& à partir du 1er juillet, à la billetterie du festival Place Colette, Paris (1er) – Métro Palais Royal